Esprit fantasque sculptant son écriture dans la poésie, la rêverie et les histoires tordues Flaca qui signifie maigre en espagnol, est aussi une expression argentine qui pourrait s’apparenter à « Wesh Gros ». Boonse fait référence à la peinture de Mary Boone par JM Basquiat.

« Je garde depuis mon enfance, un pied dans l’imaginaire et l’autre dans l’expérimentation. Le processus de création est pour moi essentiel et me permet d’accéder à une certaine métamorphose poétique. Je me laisse guider par mes pensées et idées farfelues pour aboutir à des Lula folia, des créations folles en tous genres destinées uniquement à la rêverie. »

En concert, seule sur scène, elle utilise des boules sonores, une boite à bruit, de l’eau et un ordi. Elle mélange sa voix, ses bruitages à des sons industriels bien froids et électroniques. Si son premier EP «L’ère hallucinée» est un livre de Lovecraft, son second opus en français et aux sonorités electro pop, c’est Dizzee Rascal, Lechuga Zafiro et Debruit qu’elle a dans les oreilles.

Cachée derrière ses cheveux ou dans les toilettes (la bonne planque) Flaca Boonse n’est pas ce model féminin idéal, cette discrétion raffinée, cette classe naturelle. Elle est cette femme qui ne se tait pas, qui parle trop. Si ce n’est de ses maux qu’elle se cache, sur scène, elle annonce «Merde ! Même pas peur !».

Flaca Boonse souffle, chante dans de l’eau à la recherche d’une ambiance sonore aquatique ou mélodique à l’aide d’un tuyau. Elle filme l’eau d’un aquarium pour l’utiliser comme contrôleur d’effet numérique. Elle projette ses images sur des roues de vélo en pleine rotation.

Souvent dans le noir, elle joue avec les lumières et les ombres en utilisant du vidéo mapping. Elle en profite pour poser sur la table tout type de matériaux, de l’eau, du plastique, du métal, du bois, du verre et les met en interaction avec des outils comme le piezos, les capteurs, les cartes électroniques. Sa voix, sa musique, les sons, les bruits, les samples et les images, sont objets de son laboratoire.

La rencontre entre les différentes matières est au coeur de son travail et lui permet de rendre vivant et ludique les outils numériques qu’elle utilise.

Ses expériences artistiques en tant qu’autrice, compositrice et interprète ainsi que ses nombreuses collaborations (Amandine Bidolet, Rooj Sum, Benjamin Kuperberg, Antoine Costes, Eric Margery, Marie Angley, Les Barbarins Fourchus, Orane Schroetter, Mathilde Bouillet), l’ont orientée vers la musique assistée par ordinateur (MAO) puis vers l’art numérique. Chaque nouveau projet est une étape dans la création de ses propres outils et ce, grâce à la confiance de ses partenaires : La Belle Electrique, Le labo du conservatoire de Lyon et La Source.

Elle parcourt ainsi les rapports possibles entre les musiques actuelles, l’art performance, l’installation artistique et la scène.